Projets
18/12/2018

Un chantier emblématique et prestigieux : la reconversion de l’abbatiale de la Paix-Dieu

Abbaye paix dieu

Depuis 1999, le Centre des Métiers du Patrimoine a pris ses quartiers dans l’ancienne abbaye cistercienne de la Paix-Dieu. Amorcé en 2008, le projet de restauration et de réaffectation de l’abbatiale entame sa dernière phase. De nouveaux ateliers de formation ainsi qu’un centre de documentation et une salle de séminaire prendront place dans l’église désacralisée.

Restauration dans les règles de l’art

L’église du XVIIIème siècle montrait de graves fragilités depuis l’installation du Centre, c’est pourquoi une protection provisoire était en place plusieurs années, en attendant le début des travaux.

Le respect des savoir-faire est particulièrement important sur ce chantier qui a accueilli 6 à 8 élèves charpentiers, expose Claire Badella, gestionnaire de projets de l’Agence Wallonne du Patrimoine.

Pendant près de 8 mois, ils ont restauré les charpentes tout en développant leurs connaissances théoriques et leurs techniques.

Des pièces de charpente ont été refaites, notamment des chevrons assez épais, d’autres ont été consolidées comme les solives. L’ensemble a été recalé pour retrouver une certaine planéité », confie Alain Dirix, maître d’½uvre de l’opération.

L’idée n’est pas de créer une toiture moderne mais de respecter l’existant : toutes les vagues des structures anciennes n’ont pas été corrigées, ce qui a permis aux couvreurs de montrer toute leur dextérité dans le calepinage et la pose des ardoises.

abbaye cistercienne de la Paix-Dieu

Une « ardoise homogène »

Le choix des ardoises s’est révélé primordial : en Belgique, la libre concurrence en marché public est de rigueur. Le couvreur a donc proposé plusieurs échantillons à l’Architecte et au Maître d’Ouvrage.

Nous avons opté pour la CUPA 17 car sa structure est plus homogène et ne comporte pas de fils qui vont dans tous les sens : c’est important surtout dans cette opération avec une grande surface de toiture, argumente Alain Dirix.

Pour le format, le modèle patrimonial belge de 18*27 cm a été validé, sauf pour le collatéral Nord où la pente est moins importante : un modèle de 40*20 a été privilégié pour bien assurer l’étanchéité de la couverture.

Mise en ½uvre

Le travail a commencé par la dépose de l’ensemble de la couverture, soit près de 1 000 m2 , explique Thomas Lesenfants de l’entreprise Toitures Lesenfants Michel.

Nous avons travaillé sous la protection de l’échafaudage parapluie, démonté au fur et à mesure des différentes phases, ce qui a facilité notre intervention Une attention particulière a été portée au traçage pour que tous les rangs d’ardoises des versants soient consécutifs malgré les noues, arêtiers et variations de pente d’un versant à l’autre.

abbaye cistercienne de la Paix-Dieu

Les ardoises ont été livrées directement sur le chantier, triées selon leurs épaisseurs (fine placée en tête de versant, moyenne en milieu de versant, épaisse en pied de versant), puis acheminées sur le toit par grutage pour être posées, traditionnellement, au crochet. La partie couverture a duré une année et occupé par intermittence une équipe de 3 à 7 couvreurs.

C’est un chantier prestigieux, dans un lieu emblématique : l’entreprise a su montrer une qualité de réalisation irréprochable, conclut Alain Dirix.